beau: adj m.

Se dit de la rencontre fortuite sur une table de dissection d'une machine à coudre et d'un parapluie...

Month: January 2015

Zéro absolu

S’il subsiste de la colère en moi, elle est très probablement le fait de mon impuissance, et non de l’objet variable qui attire son courroux. Il y aurait sans doute tant à dire de ce que la bêtise doit à ce sentiment, l’impuissance. Et de la rébellion que cette fatalité fait naitre en nous.

Comme c’est souvent le cas avec les émotions, les actes qu’elles nous poussent à entreprendre, nous ne les habillons de raisons qu’après coup. Peu importe la vilénie de ces derniers, nous trouverons toujours l’excuse à même de nous draper de dignité. C’est sans doute pour cela que Scutenaire disait des livres d’histoire qu’en se refermant, ils n’émettent qu’un son, « abrutis ».

Et même cela est au fond un aveu d’impuissance. L’histoire s’écrit à peu de choses près toujours malgré nous. Et vouloir en saisir la plume, c’est déjà faire acte d’arrogance.

L’arrogance, de nos jours, est élevée en art de vivre. Arrogant celui qui tue au nom de Dieu. Il est étroit son cœur, et son dieu est bien petit pour avoir besoin de son bras vengeur. Arrogant celui qui croit savoir, et en particulier comment pensent ses semblables, ou comment ils devraient penser. Arrogant celui qui pensent comprendre la marche du monde, sans être capable de s’imaginer que pour d’autres ce monde à une démarche bien différente. Arrogant celui qui s’imagine que sur le terreau des misères – intellectuelle, économique, sentimentale, sexuelle – peuvent pousser autre chose que les fleurs du mal.

On ne nait pas intolérant, on nous l’enseigne. Pas plus que l’on ne nait citoyen, on le devient. C’est un acte d’appropriation, et non un héritage.

Partout où se pose mon regard, je ne vois que de l’arrogance monumentale. Plus aucun doute ne semble subsister sur terre. Et cette arrogance, que l’on veut nous vendre pour de la force, a le gout amer des défaites annoncées. La tyrannie du vide.

Je suis un homme colérique, de cette colère froide qui brule les chairs au contact de sa surface gelée. Cela en dit probablement long de ma propre impuissance. Parfois, je m’en amuse. Je ne devrais sans doute pas. Je suis terrible. Alors j’écris.

C’est un secret de polichinelle, mais pour écrire (bien), il faut être deux. D’une part parce qu’il heureux l’écrivain qui a trouvé le correcteur à même de lui offrir un regard frais sur ce qu’il vient d’écrire, mais aussi parce que l’on n’écrit jamais aussi bien que lorsqu’on le fait à destination d’une personne. La correspondance est un art majeur, et un secret bien gardé de ceux qui savent écrire.

La correspondance est une conversation qui se donne le temps. Le temps d’offrir à la pensée la rigueur qu’il manque à la parole.

Si écrire est un mouvement, celui du balancier est ce qu’il s’en rapproche le plus. De longues phrases articulent des idées complexes, tandis que de courtes viennent en contrepoint offrir le répit et la respiration. Donner le tempo. De même, le choix des mots comme de ce qu’ils décrivent n’ont rien d’innocent. Eux aussi font l’objet d’un mouvement d’oscillation, entre le plus parfait dénuement d’une langue aride aux vastes splendides d’une envolée lyrique. La trajectoire décrite anime nos émotions. Ecrire est un mouvement de balancier.

Ce balancier, c’est celui du rocking-chair dans lequel je berce mon fils. Cela au moins échappe encore au domaine de l’impuissance. Je l’écoute faire son apprentissage du langage, faire usage de mots qui n’existent que pour lui. Entre deux mélopées issues de sa novlangue, soudain jaillit une phrase complète, qu’il débite sans savoir où se commencent et où se terminent les mots. Mais il sait qu’il a visé juste, alors, tout fier, il nous fait part de sa nouvelle maitrise.

Le langage articulé est notre plus merveilleuse invention, de toute, la technologie sur laquelle s’est bâti tout notre édifice. Mais c’est aussi un artifice qui contenait en elle les germes des malheurs à venir. Car ce que le langage ne peut saisir reste étranger à notre compréhension. Ce ne sont pas pour des mots que nous nous battons, mais à cause de ceux qui n’existent pas encore.

C’est cette impuissance qui fonde toutes nos défaites, le domaine de l’indicible qui se situe à l’embouchure de l’abime. Qu’il est vain de vouloir s’y soustraire !

Il reste le mouvement de la balance, ce lent va-et-vient qui berce la langue, et qui console autant qu’il protège. C’est peut-être la seule chose qu’un homme peut offrir au monde, ce lot de consolation qu’offre l’usage du langage, et celui de l’écriture. Car ce qui doit survenir surviendra sans que l’emprise de l’angoisse n’y change rien. Car chaque ilot de bonheur offre au monde sa part de rédemption.

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Arthur

Une nuée de corbeaux s’échappa du barillet de la porte-tambour. Ce fut l’image qui m’est venue à la vue des employées quittant le bâtiment de verre à l’heure du déjeuner, vêtu de noir et de chaussures cirées. J’ai parfaitement conscience de l’injustice que je leur fais. Dans ses bureaux, on y est tout autant heureux qu’ailleurs, je le sais bien. Néanmoins, la vision s’impose à celui qui regarde. Ils sortaient déjeuner, et moi je n’y voyais qu’une nuée de corbeaux volant trop bas.

Le petit bar restaurant dans lequel je me trouvais se situait au rez-de-chaussée du complexe commercial qui faisait face aux bureaux. J’étais arrivé une heure avant le grand rush, ce qui m’avait permis de m’approprier une table à proximité de la baie vitrée. J’avais étalé devant moi le journal, l’édition du « Monde » d’hier soir, plus pour me donner de la constance que par réel désir de me pencher sur les affres de mes contemporains. Au lieu de cela, mon regard se perdait dans la rue, au loin, comme figée sur une ligne d’horizon qui n’aurait été visible que de moi.

« Si les imbéciles se donnaient la main, on pourrait faire trop fois le tour du système solaire ! » Arthur, égal à lui-même, s’installa à ma table sans préambule ni manière. J’aimais son côté sans gêne, non pas parce qu’il manquait d’éducation, mais au contraire, parce qu’il mettait un point d’honneur à faire preuve de la muflerie la plus flagrante, précisément parce qu’il se savait capable d’être le plus galant des hommes.

Et puis Arthur avait vingt-cinq ans de plus que moi. Alors il savait des choses. « Apprends-moi plutôt quelque chose que je ne sais pas ! » lui répondis-je. « Et bonjour à toi aussi. » ajoutai-je chaleureusement.

– « C’est plutôt à toi de me parler camarade ! » Il commanda une Leffe auprès de la serveuse, avant d’ajouter « Tu as l’air soucieux, je le vois comme je vois le continent au milieu de ta figure !
– Oh, ce n’est rien ! J’ai juste plus de travail que d’habitude. Et le soleil me manque, voilà tout ! » Il fit une moue dubitative, du plus bel effet, et parfaitement synchrone avec l’arrivée de sa bière.
– « Tu mens mon ami. Mais ce n’est pas le plus grave ! Le plus grave, c’est que tu mens mal ! Si tu dois mentir, alors mets-y du cœur. On nous ment si mal ses derniers temps, fais un effort au moins ! » Je pouvais lire dans son regard la même malice enfantine avec laquelle il me racontait des histoires à dormir debout lorsque je n’étais moi-même encore qu’un enfant.
– « C’est rien, juste une sale histoire à l’image de notre temps. Une amie qui a été prise à partie par un prof à la fac parce qu’elle porte le voile. Le prof qui le lendemain a pris une droite par le petit ami de cette dernière. Et le petit ami placé en garde à vue ce matin. Causes et conséquences. Tu vois, rien de bien neuf sous le soleil…
– « Ah, c’est triste ça. » Il avala d’une traite plus du tiers de son verre. « Tu vois, le truc, c’est que si tu dois décocher des baffes, encore faut-il le faire sans se faire prendre ! » Et il explosa de rire. « Et ne dit pas à ta mère que je t’apprends ce genre de choses, ok ?
– Promis ! Bon, dis-moi plutôt qui sont les imbéciles que tu voulais mettre sur orbite un peu plus tôt ?
– Ah, enfin ! Mon garçon, redresse-toi. Car tu as devant toi le nouveau délégué du personnel ! Élu à l’unanimité !
– Félicitations ! » m’écriai je en applaudissant des deux mains. « Mais, euh… Dis-moi, c’est étrange, je pensais que ce genre de chose ne t’intéressait pas ?
– Ah mais oui ! Élu à l’unanimité contre mon gré ! Je leur ai dit que tout ce que la direction voulait, c’était un âne à ce poste. Et tu as devant toi le nouveau mulet ! »

Arthur, je dois bien l’admettre, c’était l’homme qui me redonnait foi dans le monde. Peut-être même la seule personne à avoir réussi ce tour de force que de me donner envie de prendre pour modèle. Nous déjeunions régulièrement, et je n’aurai pour rien au monde raté sa gouaille.

La salle, bruyante, couvrait notre conversation. Je lui racontais alors l’anecdote du village qui avait élu un âne pour maire, que j’avais lu dans un des romans d’Albert Cossery. Il feignit de ne jamais l’avoir lu, ce qui était absolument improbable. On riait grassement, et personne ne faisait attention à nous.

Avant de se séparer, il prit un ton sérieux, inhabituel chez lui « Au sujet de l’histoire de ton amie, tu fais attention hein ? » Il ajouta, comme s’il avait pris soudainement conscience du ridicule d’une telle recommandation, « Les cons, c’est comme les pigeons, ça volent en escadrille ! ». « Ne t’inquiète pas ! Le campus est calme, on n’est pas en 68, et encore moins en 33 ! » répondis-je avec un peu trop d’arrogance.

Il s’approcha de moi pour me parler au plus près. « L’histoire ne bégaie pas, abruti ! » répondit-il. « L’histoire ne bégaie pas, elle dévore sans jamais connaitre la satiété. » Plus il fit demain tour, et sans me regarder, leva haut la main en signe de salut.

Les trottoirs étaient bondés d’employés pressés de retourner au bureau. J’observai un moment sa démarche pesante slalomer avec l’assurance de celui qui en a vu d’autres. Il aimait tant avoir le dernier mot. Je l’aimai trop pour ne pas le lui offrir. Et puis soudain, je me suis souvenu que j’avais cours. Et que j’allais être en retard.

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La dernière fois.

A chaque fois que nous faisions l’amour, elle me disait, « Tu sais, c’est la dernière fois. » Voilà. Alors nous faisions l’amour baigné dans cette idée terminale. L’amour pour la dernière fois. Comme à chaque fois. Je crois que c’était devenu un rituel entre nous, cette façon particulière de donner au présent une épaisseur et un poids qui manquait au quotidien.

Nous n’étions ni l’un ni l’autre célibataire. Nous n’étions pas mariés pour autant. Pas plus que nous ne considérions notre relation comme un adultère. Ni même comme une relation à vrai dire. La romance, c’était ce mensonge que l’on raconte au cinéma. L’hédonisme, une fuite en avant. Non. Nous, ce qui nous liait l’un à l’autre était d’une autre nature.

Après l’amour, elle allumait une cigarette, qu’elle accrochait ensuite au bord de mes lèvres, avant de s’en allumer une pour elle. Les volutes, particulièrement belles dans le rayon de lumière qui filtrait des rideaux, formaient de brèves arabesques, avant d’aller se dissoudre au plafond. Le parfum acre du tabac envahissait la semi-obscurité. Au bout d’un moment, je prenais conscience de ma nudité, et une étrange pudeur naissait en moi. D’un geste, je recouvrai le bas de mon corps avec les draps froissés.

Au fond, ni l’un ni l’autre n’étions fait pour aimer. Dans une large mesure, l’engagement n’était pour nous qu’une étape logique et nécessaire, une ligne à rayer dans une longue liste de choses à faire. Et Dieu que nous étions occupés l’un comme l’autre.

C’est peut-être pour cela que l’on se retrouvait malgré tout, malgré cette promesse de mettre un terme à ce qui n’avait pas de sens. Précisément parce que cela n’en avait pas. Parce que la journée que nous passions ensemble, nous la passions à ne rien faire. Fumer, baiser, se taire. Retrouver le silence, sans la solitude.

Car paradoxalement, jamais je ne me suis senti mieux qu’auprès d’elle dans ces moments-là. Et je veux croire que c’était réciproque. Ou alors au moins, qu’elle ressentait cette forme subtile de sérénité, quand aucun masque ne subsiste, car aucun n’est nécessaire.

Mais peut être que je me trompe. Le souvenir n’est pas son objet. Ce qu’il me reste de cette histoire peut être que le temps en faisant son œuvre en a changé la perception. Et puis, je n’ai jamais été très doué pour lire le cœur des autres.

J’étais toujours le premier arrivé. J’étais toujours le dernier reparti. En dehors de cette chambre – toujours la même, ce qui en dit long du souci que avions de la discrétion – nous agissions comme si nous étions étrangers l’un à l’autre. Si bien que ce lieu était pour nous comme une ile hors du monde. Rien d’autre que nous même ne passait le pas de la porte. Nous étions dénudés avant même d’avoir ôté le moindre vêtement.

Et puis, un jour, ça s’est arrêté. Sans raison particulière, sans coup d’éclat, sans larmes. C’est étrange, comme ces moments insignifiants dans l’absolu forment comme des points d’inflexion dans la vie d’une personne. On dit « Il y a eu un avant, il y aura un après ». Étrange. Autrefois, il ne me semblait pas que le temps procédait ainsi, par glissement de terrain. Mais dans ce cas précis, en ce qui me concerne, c’était indéniable. Il y a eu un avant, et il y a eu un après. Et la vie a poursuivi son chemin.

« Tu sais, c’est la dernière fois. » me disait-elle, et malgré le temps, je cherche encore dans ces mots un sens caché, un mystère qui à ce jour m’obsède et me poursuit. Non pas qu’elle ait cherché à me dire quelque chose d’elle. Non, c’est plutôt comme si cette phrase cherchait à me révéler quelque chose d’enfoui en moi. Une vérité qui m’échappe encore à ce jour.

Cette recherche me désespère. Une émotion qui me met à l’épreuve, comme si j’avais raté un important indice. Comme si dans cette chambre s’était joué quelque chose de fondamental sous mes yeux aveugles. Cette chose, j’en sais les conséquences, mais je suis incapable d’en déterminer la nature.

Alors j’essaye de penser à autre chose, à la longue liste qu’est devenu ce que l’on nomme la modernité. Mais je n’arrive pas à chasser l’idée que l’on peut vivre sa vie d’un bout à l’autre sans jamais avoir compris ce que vivre signifie. Et que vivre, dans ce cas, a bien peu de valeur.

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Le vent se lève…

Fais un effort. Ne te laisse aller ni à la facilité ni au confort. Je sais la douleur qui travaille ta chair, et le poids de ta peine. Tu n’es pas seule. Alors, fais un effort. Rejoins-moi.

Observe le doigt de celui qui te désigne, et les canons aveugles qui se pointent vers toi. Regarde la mort venir à nous, son sourire pâle et son regard vide. Entends l’abime qui s’ouvre sous nos pas. L’homme qui te jette ainsi en pâture dit « C’est l’ennemi qui nous désigne ! ». L’ironie lui échappe. L’homme qui te désigne dit « C’est l’ennemi intérieur. ». Il a raison, tu sais. L’ennemi est intérieur, intérieur en lui, intérieur en chacun de nous.

Regarde les hommes s’écrouler sous le poids de leurs propres contradictions. La bêtise embrase le monde. C’est la conjuration des imbéciles, de ceux qui ne savent pas que l’on ne sait jamais rien, que l’orgueil parle une langue morte et stérile.

Misérables, ils ne savent pas que l’on n’est riche que de ce que l’on a vécu, et non de ce que l’on possède. Misérables, et malheureux. La nuit les harcèle. Le sommeil les fuit. Éprouvée par le réel, la peur peu à peu contamine leurs cœurs. Ils ne sont pas à craindre, ils sont à plaindre.

Fais un effort. Ne te laisse aller ni à la facilité ni au confort. Ne te laisse pas corrompre par l’illusion d’être seule au monde. Tu ne l’es pas. Fais un effort.

Entends-tu par-dessous le brouhaha des cloportes le murmure des justes ? L’assourdissant vacarme recouvre le silence, mais si tu tends l’oreille, tu l’entendras tout de même. Un océan de silence, puissant et profond. Il submerge le bruit, recueille tes larmes, et atténue ta peine. Son onde allège le poids qui te pèse, son mouvement berce ton cœur. Bientôt, tu n’entends que son murmure qui te parle dans une langue qui n’a pas besoin de mots, une mélopée antédiluvienne.

Ce lieu, je te l’offre. Pour quand vivre te semble trop dur, pour quand l’ignorance t’étouffe, pour quand l’amour vient à manquer. C’est à toi, à moi, à nous de porter au monde cette lumière. C’est un lieu d’une grande solitude, et pourtant, il défait l’esseulement.

L’esseulement et la peur. L’irruption de la barbarie ne doit pas te surprendre. Le monde est barbare, il n’a jamais cessé de l’être, et le sera encore longtemps. Peut-être même qu’un jour la haine – celle-ci ou une autre – viendra nous faucher dans notre élan. Qu’importe la mort, si tu as bien vécu.

Fais un effort. Ne te laisse pas aller à la complaisance. Ne laisse pas ceux qui ne savent pas décider pour toi de ce que vivre signifie. Fais un effort, trace ton chemin.

Attends-toi à la douleur. Attends-toi à la perte. La vie est une chute. Souviens-toi que le sol s’approche, mais ne le regarde pas venir. Ne laisse pas l’abime priver ton cœur de la joie. Dis-toi que nous ne sommes rien de plus que des étoiles filantes, dérisoires et éphémères. Mais qu’il faut briller malgré tout.

Alors assèchent tes larmes, et tiens-toi debout. Écoute la douleur qui te traverse de part en part. Elle ne dit pas que le monde est absurde, au contraire. Elle ne dit pas que ce monde t’appartient, mais que c’est toi qui en fais part. Elle ne dit pas plus qu’il t’appartient de le sauver, mais que tu le sauves si tu te sauves toi-même.

Alors, fais un effort. Face à l’épreuve, ne te laisse aller ni à la facilité ni au confort. Ce qui t’attend au bout du chemin, fais-moi confiance, en vaut la peine.

Je t’y attendrai.

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