J’ai fait un rêve. Je regardais à travers les persiennes du boudoir le reflet du mobilier urbain sur les trottoirs humides. Les couleurs des feux de signalisations clignotaient sans aucune logique, du vert à l’orange, du rouge au bleu, comme s’ils essayaient de me confier une confidence.

Une émotion semblait alors reluire en moi. Mon altérité dans le miroir de glace me faisait signe de le rejoindre. Le paradoxe en moi fit éclosion, et se mit à tintinnabuler. L’homme de glace désigna du doigt le lointain souvenir d’une constellation en arabesque, disparue depuis des millénaires.

Perpétuellement, en moi, mes larmes jaillissent de ses yeux à lui, pour honorer le souvenir des étoiles. Perpétuellement, la sentence est rendue, et la condamnation sans appel. Les larmes coulent pour ce qui a été oublié de longues dates.

A chaque nycthémère s’évanouissent les étoiles au bord de l’horizon. Mais les larmes restent, et forment le gros des océans. Du pôle Nord aux rivages chaleureux de l’équateur, la mémoire doit retourner à la poussière, et se mêler aux bancs de sables.

Quand je me suis réveillé, je buvais du café de palme, et l’on m’offrit une fougasse de pomme de terre. Je sentais l’entourloupe, et le musc bon marché.

Ce texte, écrit en hommage à Camille de Toledo, est le résulat d’un jeu d’écriture où chaque participant à donner un mot. Voici la liste originale (et je compléterai avec les liens appropriées au fur et à mesure).

Liste de mots:
Pomme de terre
Tintinnabuler
Eclosion
Couleurs
Boudoir
Arabesque
Reluire
Altérité
Sentence
Glace
Constellation
Fougasse
Confidence
Logique
Rêve
Paradoxe
Persienne
Palme
Trottoir
Emotion
Pôle
Entourloupe
Nycthémère
Café
Perpétuellement

Pour ceux qui désire poursuivre les rêves, “Rêves” d’Oscar Philipsen est disponible aux éditions La Martinière…

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