Les gens heureux n’ont pas d’histoire. Cette maxime, dont je n’ai pas réussi à retrouver l’origine, est pourtant une contre vérité. Heureux ou non, nous avons tous une histoire. Ce qui est juste par contre, c’est que toutes les histoires ne sont pas égales au regard de l’intérêt qu’elles suscitent.

Le bonheur est la dérivé seconde de la trajectoire de nos vies. Nous avons tous une histoire, l’on ne peut s’y soustraire, et c’est au cours de ce trajet, cette course de la vie à la mort, que l’on rencontre éventuellement la joie, le bonheur ou la sérénité. Par conséquent, être heureux ne constitue en soi ni une fin, ni un lieu, ni un objet, ni une personne (bien que ces éléments peuvent constituer les moyens de ce bonheur), mais bel et bien un produit, un moment de la rencontre entre des circonstances particulières et un état d’esprit.

La félicité n’existe pas en tant qu’objectif. Et c’est pour cela qu’elle est si souvent prétendument commercialisée.

Pour autant, je clame souvent à quiconque me le demande parfois que j’éprouve peu d’intérêt pour le bonheur. Cette inclinaison qui me définit, souvent mal comprise comme étant un certain penchant obscure ou romantique, cache pourtant une idée simple. Ce qui constitue le fil rouge de mon action est ce besoin de maximiser le potentiel du présent, le mien et celui de mes proches. Dès lors, je trouve le bonheur non pas à le rechercher, mais à en constater la présence en ma demeure, au gré de son envie et à la mesure du moment présent.

Indubitablement, je suis un homme heureux. Et si le clamer vous semble suspect, c’est je crois le signe que c’est notre époque qui est malade, malade de ne plus savoir se réjouir de ce que l’on a, malade de ne plus savoir que ce morfondre d’inquiétude pour des choses aussi éphémères que nos vies.

De nos jours, il faut avoir une avoir une histoire pour exister. Et plus votre histoire est riche en adversités, plus elle intéresse. Et c’est pour cela que régulièrement le sujet de la prostitution revient au cœur de l’actualité.

La prostitution fascine, car c’est le lieu de toutes les transgressions. Elle évoque les fantasmes les plus improbables, des réseaux de prostitutions organisés à la traite des blanches, de la call girl luxueuse que s’offre des hommes riches en quête de luxure raffiné aux maris ouvriers et adultères qui dans une caravane viennent tirer leurs coups.

Mais cette fièvre médiatique ne nous parle pas tant du sort des prostitués ou des motivations de leurs clients que de notre fascination pour la transgression. Des prostitués ou de leurs clients, je ne saurai que dire. Je n’ai pas eu à me prostituer pour vivre, mais je ne peux non plus décemment prétendre que ma rigeur morale m’aurait jamais empêché de le faire. Et de même, je n’ai jamais eu à payer une quelconque relation sexuelle, plus par chance sans doute que par réelle aversion pour cette idée.

Par conséquent, il me semble à moi que ce qui fait preuve de débauche sont les titres de nos hebdomadaires, et que la seule chose putassière soit l’exploitation de l’histoire de la prostitution comme un épouvantail. De quoi donc cette obsession législative pour ou contre la prostitution est-elle le nom ? Quel bien sommes-nous certain d’y faire là ?

A moins que ce ne soit qu’une petite histoire de plus à ajouter à la longue Histoire de ce métier, le plus vieux du monde…

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