Il y a un prix à payer. Il y a toujours un prix à payer. Les comptes de la vie se soldent à notre mort. Aucunes charges qui ne soient oubliées, aucunes dettes qui ne puissent rester au crédit. A l’heure du dépôt de bilan, quand enfin s’immobilise la mécanique du cœur, les comptes se règlent au comptant.

Pourtant, je compte. Je compte cet argent si dur au gain, et dont la somme m’épuise chaque année d’avantage. Je compte mes ennemis, qui eux un jour compte bien sur un faux pas pour me régler mon compte. Je compte sur mes amis, désormais sur les doigts d’une main, et dont le décompte me rappelle que bientôt viendra mon heure.

Car celui qui fabule toute sa vie durant a intérêt à avoir un bon comptable. Ces comptes-là ont les poches percées, et celui qui manque de vigilance finit en prison sans passer par la case départ, et sans ramasser la cagnotte. La cagnotte moi, il y a belle lurette que je l’ai ramassé à mon compte.

A l’époque, je n’avais pas réalisé que ce faisant, je deviendrai à mon tour la cible de ceux qui comptent se refaire à peu de frais. J’étais pauvre mais libre du monde qui s’offrait à moi. Je suis devenu riche dans une prison doré.

N’allez pas croire que votre morale me touche. Le crime paie, et ceux qui aimerait vous faire croire le contraire sont les mêmes qui du crime en touchent les dividendes. Des assassins meurent chaque jour au fond de leur lit, sans jamais avoir eu à répondre une seule fois de leurs exactions. Le crime paie, pour celui qui sait comment ne pas se faire prendre.

Mais il y a toujours un prix à payer. Le monde est là, offert à celui qui a l’audace de s’en saisir. Mais à la fin, c’est le monde qui vous possède. Et quand enfin vous réalisez que vous n’avez fait que troquer un esclavage contre une cage, il est déjà trop tard. Et l’addition se règle toujours en liquide.

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